Mais qui est Jean Leclerc ?


Le Professeur Jean Leclercq se présente à notre mascotte Toine :

« Je m’appelle Jean Leclercq »

« Enchanté, moi c’est Toine, la cétoine !

Dis-moi, l’ami, j’vois qu’on t’a dédié un insectarium ! Le premier de Wallonie, et même de Belgique !

T’es célèbre donc ? Parle-moi de toi en quelques mots. »

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Célèbre ? Oufti ! Oui, je suis un entomologiste invétéré.

Devine mon âge ? Presque 93 ans. Je suis né en 1921 à Beyne-Heusay près de Liège.

Elevé dans une petite ferme herbagère, je me passionne très vite pour la nature et son observation.

En 1935, à l’Athénée royal de Liège, notre professeur de sciences naturelles m’apprend à collectionner les insectes et quoi faire pour connaître leur nom. En 1939, je donne ma première conférence au Cercle des Entomologistes liégeois, sur une famille d’Hyménoptères minuscules. La même année, je m’inscris en pharmacie à l’Université de Liège, je réussis les deux premières années mais trois professeurs ayant remarqué mon zèle pour l’entomologie, m’incitent à changer d’orientation : faire la licence en zoologie. Pour mon travail de fin d’études je prends comme sujet les rapports des insectes avec l’humidité et la sécheresse; diplôme de licencié en août 1944.

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En 1945, je deviens assistant à l’ULg, au service de biochimie du professeur Florkin. Pour compléter ma formation d’entomologiste, mon patron m’envoie séjourner un an en Angleterre; j’y prépare, sur les vers de farine et leur diététique, la thèse qui me vaudra d’obtenir le diplôme de docteur en 1948 et d’être promu chef de travaux en 1950. Puis, grâce à une thèse sur les Crabroniens (petites guêpes inoffensives), en 1955 me voilà agrégé de l’enseignement supérieur en Sciences zoologiques.

Depuis le début de ma carrière à Liège, en marge de mes devoirs professionnels, j’ai toujours eu trois objectifs très motivants.

  1. – Encourager les jeunes vocations d’entomologistes (mon premier disciple a été mon frère Marcel).
  2. – Introduire les insectes dans les dossiers de la conservation de la nature.
  3. – Agir en vue de l’existence d’un musée dans lequel les insectes et le travail des entomologistes wallons seraient valorisés.

Or, c’est à la Faculté d’Agronomie de Gembloux que je suis promu professeur de zoologie: chargé de cours en 1958, professeur ordinaire dès 1962 et jusqu’à mon éméritat en 1986. A Gembloux, mon intérêt prioritaire pour la faunistique entomologique se concrétise à deux niveaux : une vaste entreprise de coopération internationale pour la Cartographie des Invertébrés européens et le projet du Conservatoire entomologique de Gembloux que mon successeur, le professeur Charles Gaspar, a mené à bien.

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Par ailleurs, depuis 1950 et toujours maintenant à la retraite, j’ai voulu faire progresser le recensement des Hyménoptères Crabroniens de tous les continents. De cette famille de petites guêpes, j’ai nommé et décrit plus de 300 espèces qui n’étaient pas connues.

 

J’ai aussi à mon actif plusieurs publications sur l’historique de l’entomologie en Europe et dans le Pays de Liège.

Une vie bien remplie ? Certes, Toine, mais il y a encore quelque chose ! Il m’est arrivé de militer dans le Mouvement wallon et surtout, j’ai proclamé en maintes circonstances que, dans les sciences, le français mérite de conserver son statut de langue internationale et que les scientifiques ne doivent avoir rien à redouter quand ils préfèrent son usage à celui de l’anglais. Cela étant, je suis donc fier de ma promotion en 1986 de commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques pour services rendus à la culture française.

Alors, Toine, tu sais maintenant ?

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